" Ce sera comme si je n'avais jamais existé ."
Le temps passe. y compris quand cela semble impossible. Y compris quand chaque Tic-Tac de le grande aiguille est aussi douloureux que les pulsations du sang sous un hématome. Il s'écoule de manière inégale , rythmé par des embardées étranges et des répits soporifiques , mais il passe .Même pour moi. (...)
La sensation qu'un grand trou avait été découpé dans ma poitrine, tranchant mes organes vitaux et laissant des plaies béantes aux lèvres grossièrement tailladées qui continuaient à saigner douloureusement en d'épit du temps, était paralysante. la raison me disait que mes poumons fonctionnaient toujours , je haletais néanmoins ; la tête me tournait , comme si mes efforts pour respirer ne servaient à rien . Mon coeur aussi devait battre , mais je ne percevais pas ses cognements dans mes oreilles. Mes mains glacées me donnaient l'impression d'être bleues. Je me mis en chien de fusil , serrant mes côtes pour ne pas me déliter . Je m'obligeai à retrouver mon hébétude , mon déni. Malheureusement , il me fuyait.
pourtant , je découvrais que j'étais capable de survivre . J'étais alerte ; la peine née de la perte irradiait à partir de mon coeur , déclenchant des vagues épouvantables dans mon crâne et mes membres. or, c'était supportabe . Je m'en remettrais.(..)
je m'affalai sur le volants , tâchant de respirer en dépit de mon impression d'être privée de poumons.Combien de temps encore ? Peut-être qu'un jour , dans des années , pour peu que le mal accepte de s'atténuer suffisamment et devienne supportable , je serais capable de regarder en arrière et de penser à ces quelques mois qui resteraient à jamais le plus beau de mon existence . Alors je lui .rendraient grâce du peu qu'il m'avait accordé , plus que ce que je ne méritais.Mais si la déchirure ne cicatrisait pas ? je me serrai dans mes bras, en proie au désespoir ...
stephenie Meyer